Voyage de la Boussole dorée

Parcourir le monde pour voir et apprendre ce que l'homme, dans l'infinité de son imagination et de sa créativité, est capable de produire avec ses mains, son ingéniosité et les matières premières à sa disposition. Parcourir le monde pour tenter de comprendre comment s'est structurée cette humanité si diverse, si complexe et si contradictoire, à travers un moyen d'expression bien particulier : le textile. Parcourir le monde pour intégrer en moi cette diversité, cette richesse, cette complexité ; les digérer, les transmuter et inventer ma réalité textile. Voici ce qui constitue un vieux rêve que je décide aujourd'hui de réaliser : un voyage d'étude textile à travers la Russie, la Mongolie, la Chine, l'Asie centrale, l'Iran, la Turquie et les Balkans.

D'une matinée à parler de la société russe à une soirée à danser irlandais

Publié dans CHAPITRE I : RUSSIE

 

 

 

 

Mon étape suivante fut Tomsk, quelques quatre cents kilomètres au Nord-Est de Novossibirsk. Je restai seulement deux jours et demi dans cette jolie ville avec plein de maisons en bois, donc vraiment pas assez pour pouvoir la découvrir, mais cette étape fut surtout riche pour les rencontres que j'y fis : Lidia et  Natacha, couple de lesbiennes qui m'accueillirent pour deux nuits, les premières que je pus rencontrer en Russie, mais aussi Anton, ami de Lidia, qui passa toute une matinée avec moi, à parler de la société russe...

Les quelques photos des belles maisons en bois que j'ai réussi à prendre :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bon, je dois vous parler plus en détail d'Anton : tout d'abord, son nom. Pour les français bien français, il faut prononcer "antone" pas "anton", hein, je suis très tatillonne avec la prononciation, c'est ce qui fait tout le charme du nom.

Anton, c'est un prénom russe qui me fait fantasmer depuis très longtemps, je ne sais pas pourquoi, j'adore sa sonorité... Cela fait parti des prénoms possibles lorsqu'on imagine avoir des enfants en particulier un fils, même si je sais pertinament que si un petit français s'appelle Anton, il ne sera pas chanceux dans sa vie, son nom sera constamment écorché en "anton" à la bonne franquette...

 

Bref, je vous situe le moment : quelque chose comme sept heures et demi du matin, Lidia m'a prévenue qu'un ami à elle serait là pour se reposer quelques heures, et si je n'y vois pas d'inconvénient, il pourra garder mes affaires le temps que j'aille faire un petit tour dans le musée ethnographique que je voulais voir.

Un peu intimidée au lever du lit matinal, en l'espace de cinq minutes, la glace est brisée : Anton et moi discutons à bâtons rompus de tout un tas sujets divers (en anglais, bien sûr c'est un peu plus facile de parler à bâtons rompus...) ; Lidia s'en va à son travail, sans que je prenne la peine de lui dire un au revoir digne de ce nom ; dix heures et demi : je me rends compte que je ne suis toujours pas prête pour aller visiter mon musée et que c'est décidément trop intéressant de parler avec Anton...

Après encore une demi-heure de parlotte je me décide à prendre raison et finis par me mettre en route pour aller voir ce maudit musée : il est fermé lorsque j'arrive devant la porte... J'avais pourtant vérifié les horaires et jours d'ouverture...

Du coup, je retourne à l'appartement de Lidia pour récupérer mes affaires tranquillement, et bien sûr parler encore un peu avec Anton, avant d'aller prendre mon train pour Krasnoïarsk...

 

Ce séjour à Tomsk fut un bel exemple du dilemme que peut offrir le voyage : aller voir des musées, ou bien rencontrer des gens... Pour ma part, le choix ne fut pas très long : il vaut mieux rencontrer les gens qu'aller voir un musée...

 

Anton est un jeune homme très instruit, très cultivé, très intellignet, polyglotte aussi (parfait anglais, un peu de français, mais il n'a pas osé s'y essayer avec moi), conscient et ouvert sur la réalité de sa nation ; ce fut un interlocuteur très privilégié pour parler de tout ce que j'avais observé jusqu'à présent de la Russie.

 

Nul ne sait si nous nous reverrons, en tout cas j'espère bien garder ce contact pour continuer mes observations sur le peuple russe !

 

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Krasnoïarsk est une ville assez laide en elle-même, une ville soviétique, quoi... Par contre, le magnifique Iénisseï, majestueux et impétueux fleuve, restera cher à mon coeur.

Sans compter les magnifiques ciels impétueusement gris et le vent froid du Nord balayant la ville : nous sommes autour du 10 Septembre, et le froid glacial de la Sibérie se fait déjà sentir, il gèle la nuit, le jour il fait encore bon, mais dès que le soleil s'en va, il fait vraiment froid.

 

A Krasnoïarsk, j'ai visité le musée régional sur l'histoire de la Sibérie : je fus vraiment très impressionnée. La Sibérie est vieille, vraiment très vieille, les hommes y vivent depuis très très longtemps, des milliers d'années, dans ces conditions si extrêmes, et pourtant, les peuples qui vivaient là des milliers d'années auparavant, et bien, ils existent toujours tels quels... Oh, pas de brillantes civilisations qui écrasèrent tout un continent, dominèrent des centaines d'autres peuples ; non, juste des peuples autochtones, "primitifs", perpétuant sur des millénaires des aptitudes à vivre dans un milieu vraiment hostile par moment, et même après l'assimilation soviétique, ils sont toujours là, adaptés à la modernité à laquelle ils ne peuvent échaper, mais toujours les mêmes qu'il y a trois mille ans...

 

Je n'ai pu rencontrer ces peuples "primitifs", au cours de mon séjour en Russie, néanmoins, j'ai vraiment beaucoup de respect pour eux : survivre ainsi dans des conditions vraiment extrêmes, alors que je pleurniche dès que je suis attaquée par un essaim de moustiques, et eux, même après le désastre de l'assimilation russe, ils existent encore...

Evenques, Nenetses, Dolgons, Yakoutes, et tant d'autres minorités encore, qui sont les premiers et éternels habitants de la Sibérie. Les russes ne vinrent s'établirent en SIbérie qu'à partir du XVIIème siècle, et mon ami Mikhaïl m'a fait fait la remarque drôle que, pour un russe, lorque tu lui dis qu'il faut qu'il aille en Sibérie, pour lui, cela signifie qu'il est envoyé en camp ou en prison pour y crever...

 

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Mais le plus surprenant de Krasnoïarsk n'est pas encore arrivé : Julia et Mikhaïl (encore un autre) qui m'accueillirent, sont des fans de danse irlandaise...

Et oui, apparemment, la culture celtique fait fureur en Russie, ces quelques dix dernières années... Pour ma part, je suis une fan depuis une bonne quinzaine d'années, j'ai été en Irlande, et même, j'ai découvert avec tant de joie la musique et la danse irlandaise en live quelque années auparavant, que je fus telle une petite gamine pressée de découvrir un ancien jouet lorqu'ils me proposèrent de participer à une répétition et de danser à nouveau !!!

Donc, mon séjour à Krasnoïarsk fut plus irlandais que russe...

 

Boussolement vôtre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié à 12:06, le 11/12/2013, Tomsk
Mots clefs : danse irlandaisefleuve Ienisseï

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