Voyage de la Boussole dorée

Parcourir le monde pour voir et apprendre ce que l'homme, dans l'infinité de son imagination et de sa créativité, est capable de produire avec ses mains, son ingéniosité et les matières premières à sa disposition. Parcourir le monde pour tenter de comprendre comment s'est structurée cette humanité si diverse, si complexe et si contradictoire, à travers un moyen d'expression bien particulier : le textile. Parcourir le monde pour intégrer en moi cette diversité, cette richesse, cette complexité ; les digérer, les transmuter et inventer ma réalité textile. Voici ce qui constitue un vieux rêve que je décide aujourd'hui de réaliser : un voyage d'étude textile à travers la Russie, la Mongolie, la Chine, l'Asie centrale, l'Iran, la Turquie et les Balkans.

Katia, petite-fille des plaines de Sibérie du sud

Publié dans CHAPITRE I : RUSSIE

 

 

 

 

 

Vous pourriez être perdus, dans tout mon périple, que cela ne m'étonnerait pas : j'ai oublié de vous raconter précisément pourquoi je me suis amusée à faire une boucle de quelques dix milles kilomètres en Sibérie...

 

En effet, après ma participation au projet GBT (voir "Rencontre avec le grand seigneur Baïkal"), puisque j'avais rendez-vous avec Larisa à Novossibirsk (voir "Larisa"), mais aussi parce que ma chère amie Katia, dont je vous ai si copieusement déjà parlé (voir " Spéciale dédicace pour le membre n°1 de la Communauté de la Boussole dorée : Katia !"), venait d'arriver en Russie avec ses deux filles et séjournerait dans sa famille à Tioumen autour du 1er Septembre. Il était donc pour moi hors de question de la louper !  

 

J'en ai profité pour me préparer le petit circuit suivant : Irkoutsk-Novossibirsk pour retrouver Larisa, Novossibirsk-Tioumen pour retrouver Katia, Tioumen-Omsk pour retrouver la famille que j'avais rencontré dans le train (voir "Se déplacer en Russie" où j'ai sympathisé avec la famille Mescherikova), Omsk-Tomsk parce que quitte à faire tout un circuit en Sibérie, autant s'arrêter pour faire des pauses et découvrir les différentes villes importantes, Tomsk-Krasnoïarsk, idem, et retour final à Irkoutsk. Le tout en l'espace de trois semaines.

 

Vous vous en doutez, ce ne fut pas de tout repos, c'est en partie ce genre de circuit effrené à m'arrêter seulement deux-trois jours dans un endroit, faire deux jours de train, qui m'a complètement vidée. De retour à Irkoutsk le 15 Septembre, j'ai mis dix jours à m'en remettre, incapable de faire quoique ce soit d'autre à part dormir et glander toute la journée pendant tout ce temps, avec en prime  deux petits jours de fièvres sans pouvoir manger, car j'avais du chopé un virus quelconque et que mon organisme était fatigué...

 

La Russie est un très grand pays, j'ai voulu en faire le maximum avec le temps qui m'était imparti (quatre mois, c'est déjà pas mal), mais j'ai compris la leçon ensuite : je ne peux pas me permettre d'avoir un tel rythme effrené pour chaque pays où je vais, si je veux continuer mon voyage jusqu'au bout, c'est-à-dire revenir en Europe par la Route de la Soie... D'autant plus qu'avec mon projet précis d'étude textile, cela induit de prendre le temps de rencontrer les gens, de construire un réseau, et aussi de sélectionner un endroit plutôt qu'un autre afin d'en tirer le maximum.

 

Bref, mon voyage aussi se construit petit-à-petit au fur et à mesure des mes expériences !

 

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Voici notre fameuse Katia, celle dont je vous ai parlé plus d'une fois. Ici, à la fête où elle m'emmena le 1er Septembre, dans le centre-ville de Tioumen.
 
 
 
Mais commençons par le début.
 
J'arrivai tôt le matin à la gare de Tioumen, où la courageuse soeur de Katia vint me chercher en voiture (je vous avoue, quel bonheur de ne pas avoir à transporter mon barda à travers le bus où le métro pour traverser la ville...). Katia et ses filles, quant à elles, étaient arrivées seulement le soir précédent.
A peine arrivée, me revoilà partie : Lena, la soeur de Katia, nous emmène aussitôt après chez leurs grand-parents, à Kourgan, où nous resterons deux jours.
 
 
J'ai maintenant une autre amie russe qui vit en France et est originaire de Kourgan, je devais elle aussi la rencontrer là, mais nous nous sommes loupées de peu, faute de communication internet fiable. J'ai donc à présent deux raisons de retourner à Kourgan, à condition de retrouver des amis là-bas. Sinon, je ne vous conseillerai sous aucun prétexte d'aller à Kourgan. Je crois que c'est la ville la plus laide que j'ai pu voir de la Russie (j'espère ne pas trop froisser les personnes en question qui vivent là-bas), même pire qu'Arkhangelsk.
Si, vous pouvez aller à Kourgan pour observer le pire de ce qu'a pu réaliser l'ère soviétique en matière d'architecture. C'est l'unique raison sinon pour aller jusque là-bas.
 
Et c'est une honte, car Kourgan est une ville très ancienne (1553) qui bénéficia, comme Tioumen, des routes commerciales traversant la Sibérie (route des épices, route du thé). Au XVIIIème siècle, c'était une des villes importantes de Sibérie, et comme toutes les villes bénéficiant des routes commerciales, elle s'est forcément enrichi d'un patrimoine architectural, qui n'a honteusement pas survécu aux assauts du modernisme à la soviétique.
 
 
Bref, j'ai été accueillie comme il se doit selon l'hospitalité russe chez sa grand-mère d'abord, puis chez son grand-père ensuite. La première vit à la ville, tandis que le second vit à la campagne, à une quinzaine de kilomètres de Kourgan. Chacun des deux foyers furent un vrai délice pour moi, havre de paix comme à la maison. Bien évidemment, les quelques heures passées à la campagne gardent une saveur encore plus agréable pour moi, car plus agréable aux yeux, et surtout la chance de manger de si bons produits du jardin !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nous sommes revenues ensuite sur Tioumen, accueillies par la soeur de Katia, mais aussi sa tante, avec laquelle nous allâmes dans la datcha familiale, à une trentaine de kilomètres de la ville.
 
Pour la petite précision : une datcha, c'est une maison de campagne, et ce n'est pas forcèment la même chose qu'une isba. Une isba est une maison faite de rondin de bois. Donc on peut avoir des isbas qui sont des maisons de campagne, mais on peut aussi trouver des isbas en ville, qui sont anciennes et ont été conservées. Tandis que la datcha n'est pas forcèment une isba !
 
Au programme, cueillette de champignons dans les bois, où mes nerfs furent encore une fois mis à l'épreuve des moustiques, qui bien sûr se font un plaisir de me harceler, en famille, dégustation des fruits et légumes du jardin, puis retour en ville le soir, pour aller voir la petite fête du 1er Septembre.
 
 
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La petite fille en robe créole, c'est Lucile (et oui, la relève des Lucile est entre de bonnes mains !), la fille aînée de Katia, sacré aventurière, celle-là aussi, déjà bilingue, et en plus elle aime aussi danser...
 
La voici donc accompagnée d'un jeune homme russe, embarquée dans une danse, pour le plaisir de tous !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cette fête folklorique était organisée par une femme que Katia connaît bien, Elena Logunova, qui s'évertue à redinamyser les traditions populaires russes.
 
Cette dame, avertie de ma venue spéciale, en profita pour faire une annonce publique, lors de la fête, pour préciser à la foule que j'étais venue spécialement de France pour participer à la fête ; je me retrouvai du coup encore une fois le point de mire de l'assistance, des regards curieux et étonnés jaugeant l'énergumène venue d'aussi loin ; pour ensuite être sommée de venir au centre du rond de danse pour dire quelques mots en anglais (ouf, elle fut assez indulgente pour ne pas me demander de parler russe) et pour recevoir le cadeau de bienvenue : une bouteille de kvas (boisson fermentée à partir du pain, légèrement alcoolisée). 
Mais le cadeau de bienvenue ne s'arrête pas là, non, tout de même, nous sommes chez les russes, il faut un peu plus de théâtre !!!
Un des jeunes hommes de la troupe me proposa de complèter la bienvenue russe par un challenge de celui qui boit la bouteille le plus rapidement.
Vous me direz, encore heureux que ce n'était pas de la vodka...
C'est ce que je me suis dit aussi sur le moment...
 
J'acceptai donc le challenge (je ne l'aurais pas accepté si cela avait été de la vodka, surtout à  cinq heures de l'après-midi), et me retrouvai à essayer de boire en entier une bouteille de kvas, mon bras entrelacé avec celui du jeune russe, qui, bien évidemment, me batit à plate couture...
 
Il faut de l'entraînement, pour ce genre de choses...
 
 
 
 
 
Si vous vouliez la preuve, la voici... Je n'ose vraiment pas imaginer ce que cela pourrait donner quand les russes vous proposent le challenge avec une bouteille de vodka... Et si vous voulez savoir quelle quantité de kvas j'ai réussi à boire tandis que ce jeune homme siphonait sa bouteille, je crois me souvenir que je n'en ai même pas bu un quart... Et ensuite mon estomac pétilla pendant une bonne heure...
 
 
 
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Comment vous résumer la dizaine de jours que je passai dans la famille de Katia ? Accueillie royalement, j'ai pu et découvrir une autre partie de la Russie, et me reposer un peu de mes vagabondages incessants.
 
Je ne découvris pas grand chose de la ville de Tioumen, si ce n'est que c'est une ville enrichie par le pétrole, que l'on peut encore trouver quelques maisons en bois dans certains quartiers, qu'elle a une histoire riche mais plutôt méconnue vu qu'il n'en reste aucun vestige. L'intérêt, que ce soit dans la région de Kourgan ou celle de Tioumen, réside dans sa belle campagne. Des plaines avec une herbe très particulière, je n'ai pas réussi à retrouver la même ailleurs, et je ne sais pas en quoi elle m'a frappé (peut-être une teinte de vert que je n'avais pas encore observé), de belles forêts de bouleaux et d'épineux, et surtout, un ciel immense, aussi magnifique dans ses nuances et ses variations de lumière que mes ciels normands (oui oui, ils me manquent mes ciels gris de Normandie).
 
 
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Sans doute est-ce la beauté des fleurs des champs de cette région qui inspirèrent les artisans pour réaliser les magnifiques Тюменьский ковёр (Tioumenski kavior, "tapis de Tioumen"), qui furent très renommés au XIXème siècle.
 
 
J'ai eu le privilège d'avoir une petite visite guidée par Elena Logunova dans le musée des Arts décoratifs de Tioumen, où j'appris plusieurs choses intéressantes quant à l'histoire de la fabrication de ces tapis. 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Je suis contente d'avoir pu découvrir cette partie de la Russie où certainement personne ne va pour faire du tourisme... La Sibérie est une terre ancienne, et si l'infinité des plaines peut en rebuter certains, si on l'observe un peu plus attentivement, l'on peut découvrir avec bonheur sa richesse et la diversité de ses nuances.
 
Merci à toi, ma chère Katia, de m'avoir permis cette découverte, et merci pour cet accueil fantastique dans toute ta famille !
 
 
 
Boussolement vôtre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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Publié à 12:40, le 5/12/2013, Tyumen'
Mots clefs : sibérie du sudtapis de Tioumen

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