Voyage de la Boussole dorée

Parcourir le monde pour voir et apprendre ce que l'homme, dans l'infinité de son imagination et de sa créativité, est capable de produire avec ses mains, son ingéniosité et les matières premières à sa disposition. Parcourir le monde pour tenter de comprendre comment s'est structurée cette humanité si diverse, si complexe et si contradictoire, à travers un moyen d'expression bien particulier : le textile. Parcourir le monde pour intégrer en moi cette diversité, cette richesse, cette complexité ; les digérer, les transmuter et inventer ma réalité textile. Voici ce qui constitue un vieux rêve que je décide aujourd'hui de réaliser : un voyage d'étude textile à travers la Russie, la Mongolie, la Chine, l'Asie centrale, l'Iran, la Turquie et les Balkans.

Dina la brodeuse d'Ostrogojsk et comment je suis devenue une star internationale en Russie

Publié dans CHAPITRE I : RUSSIE

 

 

C'est elle, la grande Dina !

Elle me reçut chez elle comme une invtée d'honneur, alors que Tatiana comme moi, nous n'étions pas préparées à ce qui nous attendait !!!

 

Tatiana l'avait simplement contactée un peu avant pour arranger une rencontre entre nous deux.

Nadia avait déjà eu l'occasion de la rencontrer auparavant, lui avait commandé une broderie, et lorsque je lui avais demandé, en Septembre dernier, si elle connaissait des personnes dans sa région qui correspondrait à ma démarche, elle me parle tout de suite d'elle comme d'un personnage à ne pas manquer !

 

En effet, c'était un personnage à ne pas manquer ! 

Dina est la "gardienne" de la maison de Kramskoï, un célèbre peintre russe du XIXème siècle qui naquit et vécut à Ostrogojsk, dans cette maison accolée à celle de Dina, remise en état comme elle était à l'époque. Aujourd'hui, on peut visiter cette petite maison comme un musée, et Dina veille au grain pour faire connaître l'histoire du peintre et préserver les traditions russes : elle profita de ma venue pour faire venir une journaliste locale qui m'interrogea sur ma connaissance du peintre russe, les raisons de mon intérêt pour les traditions textiles russes, et si bien sûr j'aimais la Russie ; j'eus encore en plus droit à la séance de photos où je dus poser (et vous savez à quel point j'ai horreur de ça ? non, je ne vous l'ai peut-être pas encore raconté...) dans des mises en scènes "à la russe" : chez Dina, avec Dina, devant les poupées de Dina, devant la maison de Kramskoï, dans le jardin de Kramskoï, devant les vieux ustensiles de jardin de Kramskoï...

 

Oui oui, chers amis lecteurs, je suis en passe de devenir une star internationale en Russie !!! Gérard et Patricia (Kaas, pour ceux qui l'ont déjà oubliée en France) n'ont qu'à bien se tenir !!! Mireille (Matthieu pour les plus jeunes qui sont certains de n'avoir jamais entendu son nom) et Mylène n'ont qu'à se rhabiller !!! Luciole Desplaines arrive sur le marché des stars françaises en Russie !!!!

 

Bon, il vaut mieux commencer petit avec un journal local, la célébrité vient avec le temps et la persévérance, non ? Qui sait, d'ici le 17 Octobre (date à laquelle je dois être absolument partie du sol russe), mon petit journal local aura peut-être eu le temps de faire le tour de toute la Russie, et des russes de l'autre bout du pays me reconnaîtront dans la rue ?!?

 

Bon, en attendant, je poursuis mon article sur Dina.

 

Dina est brodeuse (machine semi-mécanique et main), mais aussi elle fabrique les куклы, les fameuses poupées magiques russes (et non pas les matriochkas). De ce que je peux constater, les koukly sont de plus en plus à la mode pour remettre au goût du jour les traditions russes.

Mais ce que les gens ne savent pas, c'est qu'elles sont vraiment magiques, si on les fait correctement. Et Dina fait partie des personnes capables de les faire correctement, car je l'ai vue faire de mes propres yeux, et la puissance de la transmission orale de ses ancêtres se fait immédiatement ressentir dans la manière dont elle charge les bouts de tissus d'une force symbolique.

Puisque Tatiana m'accompagnait, elle me traduisit globalement tout ce que Dina et sa fille (dont je vais bientôt parler aussi) me racontèrent. Et je ne la remercierai jamais assez d'ailleurs, je m'aperçus bien, après trois heures de traduction instantanée, qu'elle avait le cerveau autant lobotomisé que moi lors de mes premiers jours d'immersion totale en langue russe...

Mais je sais que je n'ai pas pu comprendre tous les subtils détails qu'elles nous ont expliqué sur la symbolique des motifs russes, et les sens très profonds que contiennent chaque pièce d'artisanat russe. Lorsque je maîtriserai parfaitement la langue russe (et cela risque d'être quand même dans quelques années...) je reviendrai les voir toutes les deux, et je les enregistrerai, et là j'aurais vraiment de la matière pour écrire quelque chose de concret et de sérieux par rapport à "l'âme russe" des textiles traditionnels.

 

Dina me raconta donc toutes ces petites choses qui font partie de la transmission orale d'un peuple, elle me parla de "l'âge d'or" de ses grands-parents (elle peut avoir 70 ans, je pense, donc cela nous fait remonter 120 ans en arrière, peut-être ?). Son grand-père était tailleur et sa grand-mère, une vraie matriarche russe, tenait sa domesticité avec beaucoup de sagesse et maîtrisait toute discipline manuelle à la perfection, y compris des dons de guérisseuse.

 

Je suis souvent sensible à l'idée d'un "âge d'or", cela me fait toujours rêver, même si le soupçon rationnel nihiliste s'installe ensuite très rapidement.

 

L'époque que me raconta DIna n'était peut-être pas aussi belle que nous le rêvâmes ensemble ce jour-là, mais en tout cas, ce fut bien avec elle que je pus découvrir la "vraie" tradition russe ancienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sveta, la fille de Dina, me sembla légèrement dans "l'ombre" de la matriarche, mais néanmoins perpétue très fidèlement la transmission orale. C'est elle qui nous expliqua la symbolique des motifs de broderie, et c'est elle qui tenta aussi de m'apprendre à manier la fameuse machine à broder semi-mécanique et surtout très antique, après que Dina eut abandonné, car j'avais vraiment du mal à m'en sortir...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les broderies qui suivent ont toutes été réalisées par Dina, toutes à la main, sauf la première.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encore une fois, je suis très déçue de la qualité de mes photos qui ne rendent absolument pas justice à l'admirable travail effectué par Dina. En tant que brodeuse professionnelle (je peux le dire maintenant !), j'ai reconnu en son travail une très gande qualité et aussi beaucoup de goût (ce qui n'est pas toujours évident avec certains artisans russes...)

 

Ces grandes serviettes de lin brodé au point de croix se nomment рушник (rouchnik). Ce sont des pièces très importantes dans la vie des jeunes femmes russes (plus maintenant bien sûr). Tous les motifs ont un sens très précis, la composition est très codifiée, et je viens justement de trouver un article d'une russe qui explique dans un français approximatif (mais c'est déjà bien plus complet que ce je peux vous raconter) toute cette codification : 

http://www.costume-russe.fr/apprendre-broderie-slave/

 

C'est exactement ce que Sveta nous expliqua en russe, sauf que Tatiana ne pouvait pas me traduire tout et que je ne pouvais encore moins comprendre le reste...

 

 

Pour terminer cet article, vous aurez droit à une surprise : je vous ai raconté que j'avais du poser pour une séance photo avec la journaliste locale, mais le jeu n'était pas fini !!!

 

Car, Dina ayant admiré à son tour ma broderie et mon tissage russes, Sveta ayant compris mon intérêt pour le costume russe, lorsque nous allâmes ensuite dans la maison-musée de Kramskoï, tout naturellement elles me proposèrent de passer un costume russe qui était exposé dans le musée (un costume vieux d'au moins cent ans, s'il vous plaît !), et bien évidemment, ce fut reparti pour une séance de photos "à la russe"... Je me prêtais facilement au jeu cette fois, et avec joie, je vous laisse découvrir ça avec beaucoup d'humour...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec ces photos-là, sûr, je vais vraiment devenir une star internationale en Russie !!!!

 

 

Boussolement vôtre !

 

 

 

 

 

 

 

 

commentaires {1} - Ajouter un commentaire
Publié à 11:18, le 4/09/2013, Ostrogozhsk
Mots clefs : légendes russesbroderie russe

les photos

C'est un vrai plaisir de te suivre pas à pas et aussi de découvrir tes photos alors que je ne voyage pas.
Tu fais véritablement circuler l'art que tu découvres et aussi ta passion pour cette histoire qui passe de l'esprit dans les doigts rythmée par par les motifs brodés.

Monique - 16:37 - 5/09/2013

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